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Vitres teintées : ce que dit la réglementation

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Vitres teintées : ce que dit la réglementation

Depuis le 1er janvier 2017, la question des vitres teintées et de la réglementation en France se règle avec un seul chiffre : 70 %. C’est la part de lumière qui doit traverser le pare-brise et les vitres latérales avant d’un véhicule circulant sur la voie publique. Sous ce seuil, le véhicule est en infraction, quelle que soit la qualité du film posé ou l’ancienneté du montage. Cette règle, entrée en application au tout début de l’année 2017, a mis fin à une zone grise dans laquelle les films très sombres se posaient sans crainte. Elle laisse pourtant plus de liberté qu’on ne le croit sur l’arrière du véhicule, et c’est cette asymétrie qui déroute la plupart des automobilistes.

La règle : 70 % de transmission lumineuse à l’avant

Le texte vise la transparence des vitrages situés dans le champ de vision du conducteur. Deux surfaces sont concernées : le pare-brise et les deux vitres latérales avant, celles des portes conducteur et passager. Elles doivent présenter une transmission régulière de la lumière d’au moins 70 %, mesurée sur le vitrage tel qu’il se présente, film compris s’il y en a un.

La logique du législateur est double. Il s’agit d’abord de préserver la vision du conducteur, notamment de nuit et par mauvais temps, quand un vitrage sombre transforme un piéton en silhouette invisible. Il s’agit ensuite de permettre aux forces de l’ordre et aux autres usagers de voir l’occupant : identifier un conducteur au téléphone, croiser un regard à une intersection, constater le port de la ceinture. Cette visibilité réciproque est le vrai fondement de la règle, et elle explique qu’aucune dérogation générale ne soit prévue pour raisons esthétiques ou de confort thermique.

Un ordre de grandeur aide à visualiser ce que 70 % représentent réellement. Un vitrage nu laisse passer environ 85 % de la lumière et paraît totalement transparent. À 70 %, l’œil perçoit à peine une nuance, surtout vu de l’extérieur. À 50 %, la teinte devient évidente et l’on distingue mal un visage derrière la vitre en plein jour. À 20 %, valeur courante des films dits privacy, l’habitacle est opaque de jour comme de nuit. Le seuil réglementaire se situe donc juste sous la transparence naturelle du verre : il ne laisse aucune place à un effet visuel sur les vitres avant, ce que beaucoup d’automobilistes découvrent après avoir payé une pose.

Quelques cas particuliers, étroits, existent pour des véhicules spécifiques, notamment blindés. Ils ne concernent pas la voiture familiale et ne s’obtiennent pas sur simple demande.

Vitres teintées et réglementation : ce qui reste autorisé

Vitre latérale avant d’un véhicule mesurée pour sa transparence

Le point le plus mal connu tient à ce que la règle ne dit pas. Les vitres latérales arrière, la lunette arrière et le toit vitré ne sont pas soumis au seuil de 70 %. Un film sombre, voire très sombre, y reste parfaitement légal. Beaucoup de véhicules sortent d’ailleurs d’usine avec des vitrages arrière fortement teintés dans la masse, ce qu’on appelle couramment la teinte privacy.

Vitrage concernéSeuil applicableMarge de manœuvre
Pare-brise70 % minimumTrès faible, bande pare-soleil haute tolérée
Vitre latérale avant gauche70 % minimumFilm clair uniquement
Vitre latérale avant droite70 % minimumFilm clair uniquement
Vitres latérales arrièreAucun seuil de ce typeTeinte libre
Lunette arrièreAucun seuil de ce typeTeinte libre
Toit vitréAucun seuil de ce typeTeinte libre

Un détail compte pour le pare-brise : la bande pare-soleil teintée en partie haute, présente d’origine sur de nombreux modèles, ne remet pas en cause la conformité tant qu’elle reste cantonnée à la zone supérieure et n’empiète pas sur le champ de vision utile. Un film ajouté sur toute la surface, lui, est une autre affaire.

La conséquence pratique est simple : le compromis raisonnable consiste à réserver l’assombrissement à l’arrière et à choisir, pour l’avant, un film à haute transparence dont l’effet porte sur l’infrarouge plutôt que sur la lumière visible. Les différentes familles de produits et leurs performances réelles sont détaillées dans le panorama des types de films solaires et de leur pose.

Comment se mesure la transmission lumineuse

Le paramètre officiel s’appelle la transmission lumineuse visible, souvent abrégée en TLV. Il exprime le pourcentage de lumière visible qui traverse le vitrage. Un verre non teinté d’automobile se situe généralement autour de 80 à 90 %. Un vitrage à 70 % laisse donc passer un peu moins de lumière qu’un verre nu, ce qui correspond à un film très clair.

La mesure se fait au photomètre, un appareil en deux parties qui se pince sur le vitrage : une source lumineuse d’un côté, un capteur de l’autre. La lecture est immédiate et s’affiche en pourcentage. Les forces de l’ordre en sont équipées, et certains professionnels du vitrage également.

Un piège classique mérite d’être signalé : la TLV d’un film et la TLV finale du vitrage ne sont pas la même chose. Un film annoncé à 70 % posé sur un verre à 80 % donne un ensemble autour de 56 %, donc non conforme. Le calcul se fait par multiplication des transmissions, pas par soustraction. Un film destiné aux vitres avant doit être annoncé à une transparence très élevée, de l’ordre de 85 % ou plus, pour que le résultat final reste au-dessus du seuil. Demander la TLV du vitrage une fois le film posé, mesure à l’appui, reste la seule vérification qui vaille.

Contrôle, sanction et contre-visite

Contrôle de la transparence d’un vitrage avant en bord de route

Le non-respect du seuil constitue une contravention de quatrième classe. L’amende forfaitaire de cette classe s’élève à 135 euros dans le barème général, et l’infraction s’accompagne d’un retrait de points sur le permis de conduire. L’immobilisation du véhicule peut être prononcée, avec obligation de retirer le film avant de reprendre la route.

Le contrôle s’opère lors d’une vérification de routine, d’un contrôle ciblé ou à la suite d’un autre motif d’interception. Rien n’impose aux forces de l’ordre de sortir un photomètre : un vitrage manifestement sombre suffit à motiver la mesure, et la lecture fait foi.

Le passage au contrôle technique constitue le second filtre. L’état du champ de vision du conducteur y est examiné, et un défaut jugé suffisamment sérieux dans la zone balayée peut entraîner une contre-visite selon sa gravité et sa position exacte. Un film retiré à la hâte laissant des résidus de colle, une bulle importante ou un délaminage entrent dans cette catégorie au même titre qu’un vitrage trop sombre.

Un point revient souvent : retirer un film ne se résume pas à tirer dessus. La couche adhésive vieillit, se fragmente et se décolle par plaques, en particulier sur une lunette arrière dotée de fils chauffants qu’un geste brusque sectionne définitivement. Cette dépose relève du travail patient, à la vapeur et au grattoir plastique.

Une précision utile sur la responsabilité : c’est le conducteur du véhicule qui est verbalisé, pas le professionnel ayant posé le film. Un document commercial mentionnant un produit conforme ne constitue pas une protection lors d’un contrôle, seule la mesure sur le vitrage faisant foi. Demander la valeur relevée après la pose et la faire figurer sur la facture reste la seule trace exploitable en cas de discussion ultérieure avec le poseur. Cette prudence vaut également à l’achat d’un véhicule d’occasion déjà filmé, situation dans laquelle l’acheteur hérite d’une non-conformité qu’il n’a pas créée, et devra la faire disparaître à ses frais.

Les autres règles qui encadrent les vitrages

Le seuil de transparence n’est pas la seule contrainte pesant sur les surfaces vitrées d’un véhicule, et les autres passent souvent inaperçues.

Chaque vitrage monté sur un véhicule doit porter un marquage d’homologation gravé dans un angle, généralement composé de symboles et de chiffres identifiant le fabricant et le type de verre. Ce marquage vaut certificat de conformité : un vitrage qui en serait dépourvu, ou dont le marquage aurait été effacé, pose immédiatement un problème lors d’un contrôle.

Le champ de vision du conducteur doit rester dégagé, ce qui vise aussi les objets ajoutés. Un support de téléphone à ventouse placé au milieu du pare-brise, une multitude d’autocollants, un pendentif suspendu au rétroviseur ou un chargement débordant sur la lunette peuvent être considérés comme des obstacles à la visibilité, indépendamment de toute question de teinte.

La vision vers l’arrière obéit à sa propre logique. Lorsqu’elle est insuffisante, notamment sur un utilitaire à panneaux pleins ou un véhicule fortement chargé, ce sont les rétroviseurs extérieurs des deux côtés qui prennent le relais. Une lunette arrière très sombre reste donc légale, à condition que le véhicule dispose des moyens de rétrovision correspondants.

Trois idées reçues qui coûtent cher

« Mon film était posé avant 2017, il est protégé »

La règle s’applique au véhicule qui circule, pas à la date de pose. Aucune antériorité n’est reconnue. Un film posé en 2015 sur une vitre avant reste une infraction constatable aujourd’hui.

« La teinte d’origine du constructeur est toujours conforme »

Elle l’est sur les vitrages avant, puisque le véhicule a été homologué ainsi. Elle peut être très sombre à l’arrière, ce qui est parfaitement légal. Le problème n’apparaît que lorsqu’un film est ajouté sur une vitre avant déjà teintée dans la masse : les deux effets se cumulent et le seuil est franchi sans que l’on s’en aperçoive.

« Un film ne change rien à la conduite de nuit »

C’est faux, et la physique est têtue. Un vitrage assombri réduit la quantité de lumière atteignant l’œil au moment précis où elle manque le plus. La perte se ressent sur la détection des piétons vêtus de sombre, des cyclistes et des obstacles en sortie de virage. Elle s’ajoute aux autres facteurs de dégradation de la visibilité, comme des balais fatigués ou un vitrage encrassé. Sur ce terrain, les gestes de base restent les plus rentables, à commencer par une maîtrise du désembuage et du dégivrage du pare-brise, qui joue davantage sur la vision réelle qu’un choix esthétique de teinte.

Retenir la règle demande dix secondes : 70 % minimum à l’avant, liberté à l’arrière, mesure au photomètre en cas de doute. Tout le reste relève de la légende urbaine, et coûte 135 euros le jour où le photomètre se pince sur la vitre.